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Violences basées sur le genre: éduquons d’abord nos fils, ne blâmons pas nos filles.

La campagne de lutte contre les violences basées sur le genre débutera, comme à l’accoutumée, ce 25 Novembre date de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et se poursuivra jusqu’au 10 Décembre. Une période de 16 jours d’activisme durant lesquels plusieurs organisations et personnalités du monde appellent à coordonner les actions pour informer, alerter, lutter et éradiquer toutes formes de violences basées sur le genre. 

Des violences de différentes formes qui se sont multipliées avec la pandémie de coronavirus, renforçant davantage l’inégalité entre les femmes et les hommes. 

Ce phénomène inquiète davantage dans le monde, et en particulier au Tchad où il est impossible de lire l’actualité sans entendre parler de femmes victimes de violences de tous genres.

Pourquoi cette recrudescence des cas de violences ?  Cela est-il du à la libéralisation de la parole et l’avènement des réseaux sociaux qui permet de toucher du doigt ce fléau ? Comment en venir à bout de ces violences basées sur le genre et qui causent des dégâts à vie ? 

J’en parle de cet article….Mais avant tout : 

Illustration par Pixabay

Les violences basées sur le genre…..Kesaco ? 

« Les violences basées sur le genre (VBG) regroupent l’ensemble des actions et actes néfastes dirigés contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance à un genre » d’après la définition tirée d’un dictionnaire.

 
En occurrence, ici on évoque les violences basées sur les personnes de sexe féminin qui pour la plupart subissent de nombreux abus et formes de violences du fait d’une inégalité entre les sexes. Bien évidemment, on n’en parle pas souvent mais il existe des hommes qui subissent des violences de la part de femmes cependant le cas des filles et femmes est très alarmant. 

En parlant de violences basées sur le genre, on identifie plusieurs formes telles que les violences : 

  • Psychologiques : qui sont généralement celles qui causent de nombreux dégâts émotionnels importants et qui jouent sur la confiance en soi/l’estime de soi de la femme. Elles Ces détruisent la victime, la poussent à l’isolement, au repli sur soi et les fragilisent. Elles laissent de nombreuses séquelles et peuvent entraîner des conséquences très graves : dépressions, suicides….
  • Verbales : qui sont bien souvent utilisées par des agresseurs pour dénigrer, humilier, voire-même détruire une femme. De nombreuses femmes le subissent au quotidien dans leur environnement familial, professionnel, amical… et peuvent s’accompagner pour certaines de violences portant atteintes au physique. 
  • Physiques : elles sont celles qui laissent le plus de traces visibles et viennent mettre en danger l’intégrité physique d’une femme. Au-delà de cela, elles viennent renforcer le caractère destructeur et sont généralement accompagnées de violences verbales, psychologiques. 
  • Sexuelles : les violences sexuelles peuvent être inclues dans les violences physiques mais elles restent bien souvent présentes et encore tabou. On parle ici notamment des attouchements, viols, viols conjugaux….
  • Et je rajouterai le cyber-harcèlement qui est également une forme de violence de plus en plus répandue avec l’avènement de l’internet/des réseaux sociaux et qui reste bien souvent tabou. 

Difficile d’obtenir de réels chiffres récents sur les violences basées sur le genre pour des pays du continent africain tels que le Tchad par exemple, mais ce qui est sûr c’est qu’ils restent en constante évolution. s

Je reste convaincue que nous devons agir en prenant le problème à la racine et en sensibilisant les générations futures et nouvelles à plus d’égalité et de respect entre les genres. 

Punir Oui, mais éduquez :c’est encore mieux.   

N’orangeons pas seulement le monde, rendons-le multicolore et plus agréable à vivre. 

Sandrine NAGUERTIGA

Et pour cela, plusieurs actions concrètes restent pour moi possibles et urgentes à réaliser : 

Sachons éduquer et responsabiliser nos fils au lieu de culpabiliser nos filles

L’éducation c’est la famille qui la donne, l’instruction c’est l’État qui la doit.

Victor Hugo

Le petit garçon qui naît dans ce monde doit savoir qu’il a les mêmes droits que celui d’une femme et qu’il doit traiter la fille avec respect. Les garçons ont tendance à s’identifier à leurs pères et à les prendre comme exemples dit-on. Et la violence tout comme le sexisme sont des choses qui s’apprennent généralement et en premier lieu à la maison. 

Les parents sont responsables de leurs enfants, de leurs fils et devraient apprendre à transmettre des valeurs essentielles à leurs enfants et à faire respecter les droits de chaque individu. 

Cela commence par l’emploi des mots, le vocabulaire utilisé jusqu’au respect des sœurs en passant par l’implication du jeune garçon dans les tâches ménagères. 

L’école quant à elle a ce devoir de garantir le bon respect et l’égalité des sexes mais ne doit en aucun cas se substituer à la responsabilité et l’éducation des parents : NON ! 

L’abbé Laurent Bordelon disait ceci : « Une bonne éducation est le plus grand bien que vous puissiez laisser à vos enfants » et il n’avait pas tort selon moi. 

Nous devons donc arrêter de blâmer nos filles mais plutôt éduquer nos fils afin qu’ils sachent comment bien se comporter en société et respecter le sexe féminin. 

Ne banalisons pas les violences faites aux filles et aux femmes : 

Une violence est une violence: POINT!

Quelque soit le degré, nous devons la stopper avant qu’il ne soit trop tard. Malheureusement j’ai comme l’impression que la violence est omniprésente dans notre quotidien : que ce soit sur internet, dans les médias ou autres, on assiste à des violences relayées en continue dans les différents canaux de communication et d’information. 

Un mot déplacé ne doit en aucun cas être banalisé. 

Une moquerie ou tout propos dénigrant ne doit en aucun cas faire l’objet de banalité.  

« Je lui ai mis une petite gifle pour la faire taire »  NON NON et NON ! Il n’y a pas de « petite » ou « grande » gifle. Une gifle est un acte de violence tel quel.

Dès lors que nous avons reçu une éducation, nous sommes capables même dans la colère d’exprimer un ressenti sans pour autant avoir à porter atteinte à l’intégrité physique ou morale d’une personne, à plus forte raison une femme. 

ERRATUM : la femme n’est pas un sexe faible. Elle est un humain à part entière avec des Droits à respecter : POINT ! 

Ayons le courage de dire NON et de partir  

Mes très chères dames, sachons que les mains et bras d’un homme sont faits pour nous protéger, nous caresser, nous aimer, nous rassurer, nous retenir quand nous tombons, nous soutenir quand nous en avons besoins ou encore nous applaudir quand il faut nous encourager….mais surtout pas pour nous taper dessus. 

Ceux qui disent vous aimer en vous tapant dessus ne vous aiment pas puisqu’ils vous font du mal et vous manipulent. 

A la 1ère violence, au 1er coup sachez dire « STOP » et « PARTEZ » Mesdames.  

Illustration d’une femme victime de violences
Crédit photo: Iwaria

Ecoutons les victimes sans les juger et aidons les à se reconstruire 

Il est beaucoup plus simple de nos jours de juger et de pointer du doigt une personne, qui a été victime d’une violence ou longtemps sous l’emprise d’un agresseur. 

Ne dit-on pas que « le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore » alors essayons un temps soit peu d’avoir de l’empathie pour une personne qui subit de graves sévices psychologiques et physiques. 

Une victime de violence est une personne qui a été rabaissée, humiliée, dénigrée : elle est une victime POINT ! 

Nous devons donc lui apporter une écoute, une protection et une assistance sans jugement tout en dénonçant les actes de violence. Inutile d’en rire ou de se moquer. 

Plus de justices pour les survivantes !

Il est primordial d’associer les paroles avec des actes. En parallèle de l’éducation accrue des jeunes garçons, il convient de lutter efficacement contre l’impunité en matière de Violences Basées sur le Genre et donc de contribuer à l’éradication de la violence. 

Inutile de vous dire que les violences que subissent les femmes restent des marqueurs à vie : nombreuses sont-elles à survivre avec ce traumatisme et à essayer tant bien que mal de poursuivre leurs vies et rêves brisées. 

Mais nombreuses sont-elles aussi à avoir perdu la vie impunément et à avoir laissé des orphelins qui n’ont pas souhaité cela. 

Bien souvent, et je prends le cas du Tchad pour appuyer mes propos, les victimes sont lésées et contraintes de revoir ou fréquenter leurs bourreaux. 

Qui dit d’avance de justice pour les victimes dit un maximum d’investissement à la fois dans toute la chaîne pénale que dans les solutions aux survivantes de violences. J’évoque notamment : 

  • Une meilleure formation des partenaires impliqués dans la lutte contre les VBG notamment sur l’écoute des survivantes et la prise en charge 
  • Une meilleure fluidité et efficacité dans le traitement des cas 
  • Un meilleur mécanisme d’écoute et d’assistance qui respecte l’intégrité des survivantes 
  • Une meilleure sensibilisation des populations à ces questions et une meilleure implication des leaders communautaires, traditionnels, religieux, politiques….
  • Une meilleure législation incluant des sanctions pénales plus fortes pour les coupables et bourreaux 
  • Un meilleur traitement des situations d’urgences pour éviter le pire 
  • Un accompagnement post-traumatique et un meilleur soutien pour aider les survivantes à mieux se reconstruire….

…pour ne citer qu’eux…. 

N’oublions pas ceci: « Notre liberté s’arrête là où commence celle des autres ». 

Bannière de la campagne « 16 jours d’activisme » 2021
cc: ONU Femmes

Hello, Je suis Sandrine, Blogueuse et Consultante dans les TIC, je me définis comme une "Afroptimiste" qui a choisi de voir l'Afrique sous son meilleur angle. Globe-trotteuse, je partage dans ce blog tout ce qui m'anime et qui se rapproche de mes centres d'intérêts. Bonne découverte :-)