Une vidéo envoyée à la chaîne de télévision américaine CNN sur la maltraitance des migrants africains vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye a mis le feu aux poudres.

Après avoir visionné ces horribles images, deux journalistes de la chaîne américaine CNN, ont décidé de se rendre en Libye pour enquêter munis de caméras cachées. Ils y ont découvert des marchés où des Noirs étaient vendus comme celui dont les images leur ont été envoyées.

Pour en savoir plus: Libye, des marchés aux esclaves 

Leur enquête a aussitôt déclenché une énorme vague de révolte et suscité une vaste campagne de soutien en faveur de ces jeunes, originaires d’Afrique noire pour la plupart, qui subissent des traitements inhumains. Personnalités du monde des médias, du sport, de la politique ou simples citoyens ont tenu à exprimer leur mécontentement notamment sur le web. Des marches de soutien ont également été organisées, notamment devant l’ambassade de Libye à Paris.

L’esclavage moderne, un phénomène bien connu de la communauté internationale, et pourtant passé sous silence pendant longtemps Faut-il le rappeler, ce phénomène n’est pas d’hier. Il existait déjà bien avant, et rien n’était fait. Nous sommes dans un monde où tout fonctionne par intérêt propre. On agit par intérêt propre et on se plaît à jouer les sourds-muets sur certaines conditions. A qui la faute, me direz-vous? Difficile d’accuser à tort, car la responsabilité est bel et bien partagée. Mais je dirais que les médias et la consommation de masse tendent à accentuer ce phénomène. Que ce soit en Mauritanie ou en Afrique du Nord (pour ne citer qu’eux), des personnes sont torturées, maltraitées et réduites en esclavage à cause de leur couleur de peau. Aujourd’hui dans le monde, l’Organisation internationale du travail estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d’esclavage.

CC: Pixabay

Mais pourquoi ces jeunes continuent-ils à risquer leurs vies? La majorité d’entre eux croient encore à l’eldorado européen. Un eldorado qui, pourtant, n’existe pas. Il s’agit plutôt d’un mirage entretenu par les médias et alimenté par les vendeurs de rêve. L’ Afrique est le théâtre de nombreuses crises politiques, sociales et économiques, qui déstabilisent son développement. Les candidats sont donc nombreux parmi les jeunes pour intégrer les sectes et autres groupuscules radicaux (boko haram par exemple) ou pour tenter de rejoindre l’Europe. Ces jeunes sont vus comme une bombe à retardement alors même qu’ils devraient être perçus comme des solutions aux problèmes que le continent doit résoudre. Déboussolés, en manque de repères, souvent livrés à eux-mêmes, ils tentent l’aventure dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie. Ils bravent alors le danger, parcourent des kilomètres dans le désert et s’engagent dans des traversées périlleuses de la Méditerranée pour espérer gagner l’Europe à tout prix. Souvent au péril de leurs vies. Une population jeune qui débarque sur un marché du travail peu créateur d’emplois L’Afrique subsaharienne est confrontée à plusieurs défis majeurs tels que l’éducation, la formation et les opportunités économiques, pour citer les plus importants. Il est urgent pour ces pays de réformer l’éducation et la formation professionnelle pour créer des emplois adaptés aux réalités du marché. Mais pour y parvenir, la mise en place d’une vraie politique de l’emploi, intégrant  pour les jeunes une formation professionnelle en lien avec les entreprises, constituerait une solution efficace. On doit cesser d’organiser des conférences et de produire des rapports pour faire entrer les faits dans la réalité.

Prenons le cas des formations en alternance

La formation en alternance est une excellente passerelle vers l’emploi. Elle l’a prouvé dans plusieurs pays d’Europe, tels que l’Allemagne ou la France. Le jeune peut à la fois financer ses études, apprendre son métier et découvrir le monde de l’emploi tout en acquérant une expérience concrète recherchée par les employeurs. Mais pour arriver à cela, une politique qui implique réellement les entreprises s’impose. Ce partenariat entre entreprises, organismes professionnels et/ou Etat conduira vers un résultat gagnant.

CC: Pixabay

“Selon l’Organisation Internationale du Travail, l’Afrique compte un peu plus de 38 millions de chômeurs âgés entre 18 et 24 ans, soit 40% de la population Active du continent. On la traite meme de «génération perdue, menaçant la cohésion sociale». La preuve en est que selon une étude de la banque mondiale, 40% des jeunes Africains qui rejoignent les mouvements rebelles ou terroristes sont motivés par le manque d’emploi.”

L’entrepreneuriat, une solution efficace? Selon des chiffres tirés de l’OIF, le secteur informel est très dynamique dans l’économie des pays d’Afrique subsaharienne. Il représente 60% des produits intérieurs bruts et entre 60% et 90% des emplois.

C’est d’ailleurs dans ce contexte, que le Lab Innovation de la Société Générale organise à Abidjan du 14 au 17 Décembre 2017, un hackathon et un Bootcamp pour aider à trouver des solutions dans ce domaine. Plus d’informations et inscriptions ICI.

L’entrepreneuriat ne concerne pas seulement le travail tertiaire.  Plusieurs secteurs d’activités peuvent être sources d’emplois. C’est par exemple le cas du secteur agricole. Le continent africain ne manque pas d’opportunités dans ce domaine. Sans compter l’artisanat qui est un véritable grenier à talents. Mais une fois de plus, pour mener à bien ces solutions proposées, une véritable implication des pouvoirs publics est nécessaire. Un cadre légal et une implication politique permettraient de résoudre un bon nombre de freins rencontrés. Un paradis africain possible L’eldorado européen est un mirage: il n’existe pas. On peut débattre sans fin sur le bon et le de chaque continent,  mais ce n’est pas un hasard si tout le monde s’accorde à dire que le continent africain est le continent de demain. Les entreprises, les investisseurs européens, asiatiques ou américains l’ont bien compris: tous se précipitent pour y investir. Et, dans le même temps, les jeunes ne rêvent que de le fuir! Parce que ces investissements ne leur profitent pas. Il n’y a ni collaboration ni partenariat. Il est facile de dresser la liste des problèmes que rencontrent les jeunes qui désirent entreprendre localement:

  • des taxes importantes
  • des barrières à l’entrée pour entreprendre
  • un cadre légal et facilité “quasi” inexistant
  • un manque de soutien et d’accompagnement
  • un accès à une connexion internet très limité
  • une inégalité dans l’attribution des marchés
  • l’obtention du marché aux profits des investisseurs étrangers qui n’hésitent pas à “exploiter” la main d’oeuvre locale sans penser à les former sur place
  • un manque de formation adapté aux réalités du marché….

Tous ces maux viennent compromettre les chances pour les pays africains de rayonner socialement et économiquement. Ce ne sont pas les opportunités qui manquent, mais plutôt le manque de volonté politique. Le Rwanda est un excellent exemple d’émergence et de développement politique, car il y a une véritable volonté politique.

 J’aborderai dans un prochain article les différentes opportunités de business qui peuvent être exploitées dans les pays d’Afrique Subsaharienne avec l’exemple du Tchad.

Les jeunes africains de la diaspora sont de plus en plus nombreux à souhaiter retourner travailler ou entreprendre sur le continent, mais nombreux sont ceux qui se trouvent très vite confrontés à de nombreuses difficultés. Cependant, conscients des opportunités qui existent et décidés à oeuvrer pour le développement de leur continent, ils n’hésitent pas à prendre ce risque et à revenir sur leurs terres d’origines.

On dit que l’Afrique est pauvre, mais le jour où l’Afrique commencera d’abord à nourrir son peuple avec ses propres matières premières produites et à se préoccuper de ses propres problèmes, la donne sera changée.

Je crois plus que jamais que la tendance s’inversera si, et seulement si, des mesures efficaces sont mises en oeuvre. Ce changement ne s’opèrera pas d’un simple claquement de doigt. Les Africains doivent replacer leurs pays et leurs peuples en priorité… et exiger que tout accord ou toute négociation externe se fasse dans le respect mutuel.

Afroptimiste passionnée de communication, de digital et amoureuse de l’Afrique. Entrepreneure et blogueuse, je conseille et propose des formations aux personnes et structures désireuses dans leur stratégie sur le digital.

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    1. Chère Camélia, C’est un plaisir. Merci beaucoup à vous pour l’intérêt porté ainsi que pour le temps mis à le lire.
      Au plaisir de vous lire à nouveau sur le blog.

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